KINTSUGI, L’ART JAPONAIS QUI TROUVE LA BEAUTÉ DANS LES OBJETS CASSÉS

Et si la beauté était dans l’imperfection ? Découvrez les kintsugi et les kintsukuroi, la technique japonaise de réparation d’objets en céramique montrant leurs cicatrices et qui est aussi une philosophie de la vie.

PHILOSOPHIE KINTSUGI

À une époque sujette à la consommation, les adeptes du kintsugi soutiennent que les objets cassés peuvent avoir une seconde vie. Ainsi, lorsqu’un plat ou une coupe est cassé, au lieu de les jeter et d’aller en acheter de nouveaux, ils décident de les restaurer et de vanter la beauté de leurs cicatrices, car, selon eux, après avoir été traités, ils peuvent être encore plus beaux que dans leur origine.

LE KINTSUGI COMME MÉTAPHORE : RÉPARATION ÉMOTIONNELLE

Il y a ceux qui trouvent des parallèles entre ce qui arrive aux objets en céramique et les gens, comme le psychologue Tomás Navarro dans son livre Kintsukuroi : The Art of Healing Emotional Wounds. Beaucoup d’êtres humains font preuve d’une grande résilience et sont capables de sortir renforcés de « blessures » émotionnelles.

VAISSELLE INSPIRÉE DU KINTSUGI

Le Français arménien Sarkis Zabunyan est l’un des créateurs qui se sont inspirés de cet art japonais pour créer. Sur la photo, on voit la vaisselle qu’il a réalisée pour Bernardaud, à l’occasion du 150e anniversaire de la signature de la porcelaine française.

LE VIEUX MÉRITE TOUJOURS UNE SECONDE CHANCE

Une des grandes leçons que nous pouvons tirer de la philosophie japonaise du kintsugi pour notre maison est que les vieux meubles méritent parfois une seconde chance. Ainsi, le buffet de la photographie met en évidence le passage du temps et montre ses imperfections avec un résultat des plus réussis, donnant de la personnalité à la pièce dans laquelle elle est située.

KINTSUKUROI : RIEN NE SE PERD, TOUT SE TRANSFORME….

Tout comme la céramique est restaurée, le meuble peut avoir une seconde vie, même s’il remplit une fonction autre que celle qui lui a été assignée. C’est ce qui se passe avec la tête de lit de cette photo, quelques portes acquises dans un magasin d’antiquités, qui, après avoir été restaurées et peintes, donnent une véritable leçon sur la façon dont l’ancien peut être réévalué.

LA LÉGENDE DU KINTSUGI

Selon la légende, le kintsugi a commencé au 14ème siècle, lorsque shōgun Ashikaga Yoshimasa (shōgun était un souverain nommé par l’empereur) a envoyé une de ses tasses à thé préférées en Chine pour restauration. La méthode utilisée pour le récupérer ne le satisfaisait pas, puisqu’on utilisait des agrafes métalliques, qui non seulement n’étaient pas esthétiques, mais qui ne remplissaient pas leur fonction, car le thé s’échappait par les sillons.

Face à ce revers, les artisans japonais ont résolu le problème en joignant les pièces avec du vernis et de la poussière d’or, donnant ainsi naissance aux kintsugi ou kintsukuroi.

Ces dernières années, surtout après les tremblements de terre de Tōhoku (2011) et de Kumamoto (2016), le kintsugi suscite un grand intérêt dans le pays japonais, multipliant les ateliers qui l’enseignent. Il semble qu’après les pertes humaines et matérielles, les gens s’accrochent à certains objets qui, bien que brisés, ont survécu aux catastrophes et ont une signification particulière pour eux.

C’est ce qui arrive à Watanabe, protagoniste du roman Fractura (d’Andrés Neuman), survivant des bombes atomiques d’Hiroshima et de Nagasaki, et du tremblement de terre précédant l’accident nucléaire de Fukushima, qui, après avoir tout perdu, se console en dorlotant sa collection de banjos, admirant leurs traces.

Prenez note : le processus de séchage, qui peut prendre des jours, voire des semaines, ceux qui comprennent kintsukuroi comme une philosophie assimilent ce temps d’attente à la patience nécessaire pour que les blessures émotionnelles de se fermer.

De même, cette tendance japonaise dépasse les frontières de l’Orient. La preuve en est que des entreprises comme Humade vendent des kits de kintsugi pour ceux qui veulent le pratiquer à la maison.

COMMENT FAIRE DES KINTSUGI OU DES KINTSUKUROI ?

Si vous êtes un amateur de bricolage et que vous voulez pratiquer cette technique, vous n’aurez besoin que d’une seule chose :

  • Résine époxyde
  • Un bâton de bois ou une brosse
  • Poudres de mica
  • Peinture acrylique
  • Etape par étape pour faire des kintsugi

première étape : assemblez les objets, appliquez le mélange fait avec la résine, les poudres et la peinture acrylique et attendez qu’ils collent.

Deuxième étape : il est pratique de limer la surface, de cette façon elle sera totalement homogène et plus agréable au toucher.